Plaine du Var – Eco Vallée - Histoire
Histoire de l’Eco Vallée
La basse vallée du Var, de Saint-Laurent-du-Var à Saint-Martin-du-Var est un espace géographique, historique et politique très particulier : un fleuve tumultueux et capricieux, une frontière mentale forte et, aujourd’hui, un projet de développement ambitieux. Davantage qu’en d’autres lieux l’histoire peut éclairer le présent et donner du sens à l’avenir. Ce modeste blog, qui n’en est pas vraiment un puisqu’il ne dispose pas d’interface de dialogue, souhaite, billet après billet, creuser un sillon pour une histoire qui reste à écrire.
SOMMAIRE
Saint-Laurent et Saint-Martin. -Du Var-
Des "French Wars" à l'annexion de 1860
Les châteaux forts de la plaine du Var
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3 septembre 2010
Saint-Laurent et Saint-Martin. -Du Var-
Ceux qui fréquentent assidûment cette chronique ont compris, après les quelques billets qui précèdent, que faire l’histoire de l’Eco Vallée n’est pas une chose simple. Il s’agit de coudre la mémoire des deux rives. Et on sait combien celle-ci est déchirée depuis le moyen âge.
L’entreprise est d’autant plus difficile que les villages qui bordent la basse vallée sont perchés. Presque tous. Le fleuve et ses rives n’occupent dans ces histoires villageoises qu’une place accessoire. Le plus souvent il s’agit d’une histoire de moulins. La plaine proprement dite est une sorte de no man’s land. Avant que cette plaine ne devienne progressivement après le milieu du XIXe siècle une voie de communication bien entendu. Voyez mon billet du 13 août . On n’ y trouve que deux habitats de bas de vallée, Saint-Laurent et Saint-Martin, respectivement en 1869, 806 et 485 habitants (Annuaire des Alpes-Maritimes 1869) .
Chacun des villages se trouve à proximité d’un des deux seuls passages règlementés permettant de traverser le Var. A Saint-Laurent, c’est un gué sur la route de Nice vers Antibes et Grasse. A Saint-Martin, c’est un bac sur la route vers la haute Provence. Ainsi s’explique la présence de ces deux villages.
Peut-être. Mais il faut se méfier de ce rapprochement. C’est certainement vrai pour Saint-Laurent si on considère l’importance de la route. En ce qui concerne Saint-Martin-du-Var, il y a des raisons de penser que ce n’est pas l’existence d’un passage qui est à l’origine du village. On en reparlera dans un prochain billet.
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30 août 2010
Du 18 août 1860. Ils sont la pierre d’angle de l’annexion de Nice à la France La revendication majeure du « parti français » de Nice. Ils fixent pour longtemps le cadre de développement de la plaine du Var et le schéma routier des vallées. C’est dans ce site, juste à côté, dans mon Faux blog de l'annexion .
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20 août 2010
Des usines désaffectées, un pont métallique sur le Var, une grande rue bordée de commerces. Tous ceux qui empruntent les routes qui s’enfoncent dans la montagne niçoise connaissent le lieu. On arrive à Plan-du-Var, « la porte des Alpes ». Tout au bout de la plaine du Var.
Plan-du-Var est un hameau de Levens. Il est né de la route construite par les Sardes dans les années 1850 pour desservir les vallées. Le développement ferroviaire des années 1890-1910 a beaucoup réduit cette fonction de village-étape : 1892, ouverture par tronçons successifs de la ligne Nice-Digne ; 1909, mise en service du tramway vers la vallée de la Vésubie ; 1911, mise en service du tramway de la vallée de la Tinée. La fonction commerciale a perduré.
Le Baou-Roux, hameau de La Roquette-sur-Var, est né, lui, de l’industrialisation. D’abord avec les carrières de pierres destinées à l’endiguement du Var, ensuite en 1898 avec l’usine de ciments et de chaux Thorand-Durandy, puis, en 1914, avec l’usine chimique Chiris et Jeancard.
Et pour être complet, de l’autre côté du Var, le Gabre de Bonson. Le hameau apparaît au début des années 1890 avec la construction d’une de toutes premières usines hydro-électriques de la région.
Séparés par quelques centaines de mètres, les trois hameaux forment comme un village. Les liens familiaux sont nombreux. Les fêtes ne sont pas communes, chaque hameau a la sienne, mais l’église Sainte-Anne de Plan-du-Var est pour beaucoup le lieu de culte commun.
On a commémoré le mois dernier le centenaire de cette église. Elle a été fondée en 1910 par l’Abbé Henri Chatain. Il l’a financée avec ses propres deniers et quelques dons. L’Abbé, originaire d’un petit village de l’Isère, a connu ces lieux à l’occasion des visites qu’il faisait à son frère, ingénieur chez Thorand-Durandy au Baou-Roux. Il a entrevu les possibilités de développement de l’endroit, Plan-du-Var comme étape, le Baou-Roux comme agglomération industrielle. La nécrologie de l’Abbé Chatain parue dans la Semaine religieuse d’octobre 1934 explique ses motivations. Il voulait fournir au moyen d’un vaste presbytère un logement aux prêtres qui faisaient étape à Plan-du-Var sur la longue route qui les menait vers leurs paroisses de montagne. Il voulait aussi, en demandant l’établissement d’un prêtre résident, soulager « l’extrême abandon moral où vivait une agglomération ouvrière éloignée de tout centre religieux ».
Plan-du-Var ou Baou-Roux ? L’abbé a certainement hésité. Il a choisi Plan-du-Var. Là existait déjà un petit village, alors que l’agglomération ouvrière du Baou-Roux se dessinait à peine. Quelques années plus tard il aurait choisi le Baou-Roux. Le hameau de quelques dizaines d’habitants était devenu au début des années vingt un vrai village de plus de trois cents habitants.
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13 août 2010
RD 6202 depuis que le département en a la charge. Peu importe. Je viens de mettre en ligne dans ce site mon étude « De la digue sarde à la RN 202. La vallée du Var voie de communication ». Il s’agit du texte d’une conférence tenue à Plan-du-Var le 9 décembre 1994. Colette Bourrier-Raynaud, alors présidente du Syndicat intercommunal touristique des Alpes d’Azur et maire de Villars-sur-Var, avait pris l’initiative de la publier en l’état dans un recueil d’études sur les Alpes d’Azur édité par La Documentation française.
La conférence avait connu un franc succès. Mais je n’y étais pour rien. J’avais bénéficié de la publicité faite, à juste titre, à la crue exceptionnelle du Var du 5 novembre précédent. Chacun s’était soudainement pris d’intérêt pour le fleuve. L’histoire rejoignait la réalité.
J’expose dans mon étude comment la vallée du Var est devenue une voie de communication. On se trompe si on pense que cela s’est fait naturellement. C’est toute une aventure. Je vous laisse à la lecture. Sauf à ajouter pour le blogueur pressé, celui qui veut savoir sans lire, et après tout c’est son droit, que je m’en prends à deux idées reçues. D’abord qu’il n’était pas prévu que l’endiguement de la rive gauche serve à créer une route. Ce n’est que progressivement que cela s’est fait. Ensuite que ce ne sont pas les Français après 1860 qui ont réalisé le percement routier des gorges du Var, du Chaudan à La Mescla, mais les Sardes avant l’annexion.n
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23 juillet 2010
Et Fougassières. Les deux vont ensemble. Deux petites communes de quelques dizaines d’habitants situées au confluent du Var et de l’Estéron. Dosfraires dominant le Var et Fougassières touné vers Bouyon. J’en ai parlé dans mon dernier billet à propos du traité de Turin de 1760 qui les a fait passer de Savoie à la France. Distinctes depuis le moyen âge, les deux communes ont été réunies en 1790 sous le nom de Dosfraires. Elle-même est rattachée au Broc en 1841.
Dosfraires, Deux-Frères en français, est un terroir de hameaux. Voyez la carte de Cassini. Le plus important est Clos Martel, au dessus du confluent du Var et de l’Estéron. Plus haut, derrière une colline, la charmante chapelle de Sainte-Marguerite que domine le château en ruines de Dosfraires, englouti dans la végétation. De quoi exciter l’imagination. L’histoire de deux frères, seigneurs du lieu, qui se ressemblaient tellement que la belle… Mais comme je ne tiens pas dans cette chronique à raconter des histoires fausses, ou en tout cas invérifiables, je ne vais pas plus loin.
D’ailleurs comme c’est souvent le cas, la réalité est beaucoup plus intéressante que la fiction. La seigneurie de Dosfraires, divisée et démembrée au cours des siècles, est une vraie curiosité juridique. Trois fiefs, Dosfraires, Fougassières et Pharaon, chacun partagé entre plusieurs coseigneurs. La frontière entre France et Savoie, toute proche, paraît inexistante. Certains résident à Nice, d’autres au Broc ou à Grasse. Quelques uns habitent dans un des hameaux du lieu pendant toute l’année. Et tous se retrouvent l’été. Une vraie micro société nobiliaire enracinée dans son terroir. Et un monde rural finalement pas si clos que ça. Si cette histoire vous intéresse c’est ici .
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21 juillet 2010
Avant 1860 bien entendu. Encore que le point d’interrogation soit de rigueur. Parce que c’est complètement faux pour la partie située au nord du confluent de l’Estéron. Et pour la basse vallée il faut nuancer : le Var n’est vraiment frontière entre Savoie et France que depuis le traité de Turin du 24 mars 1760. Jusqu’à cette date Gattières et Dosfraires faisaient partie du royaume de Sardaigne.
Ce traité est moins connu que son homonyme, le traité de Turin du 24 mars 1860, celui qui porte annexion à la France de la Savoie et de la province de Nice. C’est pourtant un texte important puisqu’il rectifie la frontière entre le royaume de Sardaigne et la France, du lac Léman à la mer. Ainsi, en ce qui concerne le Comté de Nice, les communes de Gattières, Dosfraires, Fougassières, Bouyon, Les Ferres, Conségudes, Aiglun deviennent françaises. Guillaumes, Daluis, Auvare, Saint-Léger, La Croix, Puget-Rostang, Cuébris, Saint-Antonin et La Penne deviennent sardes. Plusieurs territoires communaux ont en outre été démembrés. C’est la Ferme générale du royaume de France, concessionnaire de la plupart des impôts indirects, qui a voulu cette rectification. Elle assurait perdre beaucoup d’argent sur cette frontière au tracé complètement irrationnel. On a donc placé la limite sur des repères géographiques certains, le « Var-Estéron ». Si vous voulez en savoir davantage reportez vous à l’ouvrage de Luc Thévenon, Frontières du Comté de Nice. A la recherche des bornes perdues. Visitez également l’excellent site de Georges Fabry.
Ce traité de 1760 est donc une date importante, pour le Comté de Nice, pour la Provence… et pour l’Eco Vallée. On aurait pu en commémorer le 250e anniversaire. Au moins dans les communes concernées. A Gattières par exemple. C’est quand même autre chose de devenir français sous Louis XV que sous Napoléon III.
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17 juillet 2010
Des « French Wars » à l’annexion de 1860
Il n’y a pas de raison que mon histoire de l’Eco Vallée échappe à la commémorationnite qui sévit en ce moment. Il y a 150 ans, le traité de Turin du 24 mars 1860 annexait le Comté de Nice à la France. Les deux rives du Var étaient ainsi réunies. C’est un événement. Ce n’était arrivé que deux fois depuis la dédition de Nice à la Savoie en 1388. Sous Louis XIV et sous la Révolution et l’Empire.
Les populations de l’ouest du Comté ont particulièrement été favorables au rattachement. La frontière disparaissait. L’obstacle était de plus en plus difficile à supporter. Côté français, la règlementation douanière s’était considérablement durcie depuis 1814. Côté sarde elle se renforce à partir de 1851 ainsi que l’illustre le sanglant épisode de la sau doù Broc. En outre la frontière était un facteur de sous-développement en matière de voies de communications. Bref la frontière ne faisait l’affaire de personne. Sauf celle des contrebandiers.
Ceci dit, je ne suis pas certain que le vote aurait été aussi massif dix ou vingt ans plus tôt. Le souvenir des guerres de la Révolution et de l’Empire de 1792 à 1815, les « French Wars » comme disent les Anglais, était encore trop vif. Or les Niçois, surtout dans les villages du moyen pays et de la montagne, se sont très fortement engagés dans la résistance contre les Français, d’abord dans les milices puis comme barbets Pour quelques gloires comme Masséna, Tordo ou Bavastro, on compte de l’autre côté des milliers de combattants. Anonymes mais pas sans honneur ni courage. Je raconte, dans le livre que vient de publier l’ASPEAM, l’Association de sauvegarde du patrimoine écrit des Alpes-Maritimes, la saga familiale des Raybaudi de La Roquette Saint-Martin. Si vous pensez que l’histoire est simple vous changerez d’avis.
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13 juillet 2010
Les châteaux forts de la plaine du Var
Les villages perchés font partie du décor de l’Eco Vallée. Bonson, Carros, La Roquette, Le Broc, Gilette, etc. Chacun a son château fort, le plus souvent très remanié ou détruit. J’en compte une dizaine. La plupart surplombent le confluent du Var et de l’Estéron. Ajoutons les châteaux des habitats disparus, comme Aspremont-Villevielle ou Dosfraires. Voilà qui fait beaucoup. Surtout si on considère que ce n’est pas une solution très naturelle. Il n’était par exemple pas dans l’habitude des Romains de s’établir dans des endroits aussi inaccessibles.
Chacun y va de son explication. La plus commune repose sur la crainte des Sarrasins. Les populations se seraient mises à l’abri sur ces hauteurs à chaque poussée d’insécurité… et auraient fini par y rester. C’est peu réaliste. Comment est-il possible que cent ou deux cents personnes, avec leur bétail, aient pu s’installer sur une arrête rocheuse d’une centaine de mètres de long et d’une vingtaine de large ? Sans eau. Le plus souvent loin des meilleures terres. Et pour une durée indéterminée. Cliquez ici si vous voulez avoir la réponse. Vous ne regarderez plus nos villages perchés de la même façon.
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9 juillet 2010
L’Acadèmia Nissarda vient de mettre en ligne les reproductions de l’ouvrage qu’elle a édité en 2005, Voyage pittoresque dans le Comté de Nice et les Alpes-Martimes du XVIIe au XIXe siècle. Gravures et lithographies. Les reproductions sont classées et triées par lieux, sources, supports, artistes, etc. C’est aussi beau que l’ouvrage. Plus beau même lorsqu’on agrandit les vues. Il ne manque que les textes et commentaires qui accompagnent les gravures. Mais les images sont telles que le reste paraît superflu.
Ceci dit, si vous voulez en savoir plus sur le pont de Saint-Laurent, vous trouverez ici ma contribution à cet ouvrage où j’ai commenté les gravures de la zone Var-Estéron. On ne dispose malheureusement pas d’autres gravures représentant la basse vallée du Var. Les lieux étaient trop difficilement accessibles pour attirer les touristes. Et pas de touristes pas de gravures. Pour l’autre passage organisé et règlementé de la basse vallée du Var, - avant la construction des ponts au XIXe siècle-, le bac de Saint-Martin, il faut lire ce que j’ai publié dans Provence historique il y a quelques années. Les Saint-Martinois comprendront pourquoi c’est par pure calomnie qu’on a dit qu’ils étaient des negaïre et des ladre de grava.
arrive à Plan-du-Var, « la porte des Alpes ». Tout au bout de la plaine du Var.
Plan-du-Var est un hameau de Levens. Il est né de la route construite par les Sardes dans les années 1850 pour desservir les vallées. Le développement ferroviaire des années 1890-1910 a beaucoup réduit cette fonction de village-étape : 1892, ouverture par tronçons successifs de la ligne Nice-Digne ; 1909, mise en service du tramway vers la vallée de la Vésubie ; 1911, mise en service du tramway de la vallée de la Tinée. La fonction commerciale a perduré.
Le Baou-Roux, hameau de La Roquette-sur-Var, est né, lui, de l’industrialisation. D’abord avec les carrières de pierres destinées à l’endiguement du Var, ensuite en 1898 avec l’usine de ciments et de chaux Thorand-Durandy, puis, en 1914, avec l’usine chimique Chiris et Jeancard.
Et pour être complet, de l’autre côté du Var, le Gabre de Bonson. Le hameau apparaît au début des années 1890 avec la construction d’une de toutes premières usines hydro-électriques de la région.
Séparés par quelques centaines de mètres, les trois hameaux forment comme un village. Les liens familiaux sont nombreux. Les fêtes ne sont pas communes, chaque hameau a la sienne, mais l’église Sainte-Anne de Plan-du-Var est pour beaucoup le lieu de culte commun.
On a commémoré le mois dernier le centenaire de cette église. Elle a été fondée en 1910 par l’Abbé Henri Chatain. Il l’a financée avec ses propres deniers et quelques dons. L’Abbé, originaire d’un petit village de l’Isère, a connu ces lieux à l’occasion des visites qu’il faisait à son frère, ingénieur chez Thorand-Durandy au Baou-Roux. Il a entrevu les possibilités de développement de l’endroit, Plan-du-Var comme étape, le Baou-Roux comme agglomération industrielle. La nécrologie de l’Abbé Chatain parue dans la Semaine religieuse d’octobre 1934 explique ses motivations. Il voulait fournir au moyen d’un vaste presbytère, un logement aux prêtres qui faisaient étape à Plan-du-Var sur la longue route qui les menait vers leurs paroisses de montagne. Il voulait aussi, en demandant l’établissement d’un prêtre résident, soulager « l’extrême abandon moral où vivait une agglomération ouvrière éloignée de tout centre religieux ».
Plan-du-Var ou Baou-Roux ? L’abbé a certainement hésité. Il a choisi Plan-du-Var. Là existait déjà un petit village, alors que l’agglomération ouvrière du Baou-Roux se dessinait à peine. Quelques années plus tard il aurait choisi le Baou-Roux. Le hameau de quelques dizaines d’habitants était devenu au début des années vingt un vrai village de plus de trois cents habitants.
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13 août 2010
RD 6202 depuis que le département en a la charge. Peu importe. Je viens de mettre en ligne dans ce site mon étude « De la digue sarde à la RN 202. La vallée du Var voie de communication ». Il s’agit du texte d’une conférence tenue à Plan-du-Var le 9 décembre 1994. Colette Bourrier-Raynaud, alors présidente du Syndicat intercommunal touristique des Alpes d’Azur et maire de Villars-sur-Var, avait pris l’initiative de la publier en l’état dans un recueil d’études sur les Alpes d’Azur édité par La Documentation française.
La conférence avait connu un franc succès. Mais je n’y étais pour rien. J’avais bénéficié de la publicité faite, à juste titre, à la crue exceptionnelle du Var du 5 novembre précédent. Chacun s’était soudainement pris d’intérêt pour le fleuve. L’histoire rejoignait la réalité.
J’expose dans mon étude comment la vallée du Var est devenue une voie de communication. On se trompe si on pense que cela s’est fait naturellement. C’est toute une aventure. Je vous laisse à la lecture. Sauf à ajouter pour le blogueur pressé, celui qui veut savoir sans lire, et après tout c’est son droit, que je m’en prends à deux idées reçues. D’abord qu’il n’était pas prévu que l’endiguement de la rive gauche serve à créer une route. Ce n’est que progressivement que cela s’est fait. Ensuite que ce ne sont pas les Français après 1860 qui ont réalisé le percement routier des gorges du Var, du Chaudan à La Mescla, mais les Sardes avant l’annexion.n
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23 juillet 2010
Et Fougassières. Les deux vont ensemble. Deux petites communes de quelques dizaines d’habitants situées au confluent du Var et de l’Estéron. Dosfraires dominant le Var et Fougassières touné vers Bouyon. J’en ai parlé dans mon dernier billet à propos du traité de Turin de 1760 qui les a fait passer de Savoie à la France. Distinctes depuis le moyen âge, les deux communes ont été réunies en 1790 sous le nom de Dosfraires. Elle-même est rattachée au Broc en 1841.
Dosfraires, Deux-Frères en français, est un terroir de hameaux. Voyez la carte de Cassini. Le plus important est Clos Martel, au dessus du confluent du Var et de l’Estéron. Plus haut, derrière une colline, la charmante chapelle de Sainte-Marguerite que domine le château en ruines de Dosfraires, englouti dans la végétation. De quoi exciter l’imagination. L’histoire de deux frères, seigneurs du lieu, qui se ressemblaient tellement que la belle… Mais comme je ne tiens pas dans cette chronique à raconter des histoires fausses, ou en tout cas invérifiables, je ne vais pas plus loin.
D’ailleurs comme c’est souvent le cas, la réalité est beaucoup plus intéressante que la fiction. La seigneurie de Dosfraires, divisée et démembrée au cours des siècles, est une vraie curiosité juridique. Trois fiefs, Dosfraires, Fougassières et Pharaon, chacun partagé entre plusieurs coseigneurs. La frontière entre France et Savoie, toute proche, paraît inexistante. Certains résident à Nice, d’autres au Broc ou à Grasse. Quelques uns habitent dans un des hameaux du lieu pendant toute l’année. Et tous se retrouvent l’été. Une vraie micro société nobiliaire enracinée dans son terroir. Et un monde rural finalement pas si clos que ça. Si cette histoire vous intéresse c’est ici .
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21 juillet 2010
Avant 1860 bien entendu. Encore que le point d’interrogation soit de rigueur. Parce que c’est complètement faux pour la partie située au nord du confluent de l’Estéron. Et pour la basse vallée il faut nuancer : le Var n’est vraiment frontière entre Savoie et France que depuis le traité de Turin du 24 mars 1760. Jusqu’à cette date Gattières et Dosfraires faisaient partie du royaume de Sardaigne.
Ce traité est moins connu que son homonyme, le traité de Turin du 24 mars 1860, celui qui porte annexion à la France de la Savoie et de la province de Nice. C’est pourtant un texte important puisqu’il rectifie la frontière entre le royaume de Sardaigne et la France, du lac Léman à la mer. Ainsi, en ce qui concerne le Comté de Nice, les communes de Gattières, Dosfraires, Fougassières, Bouyon, Les Ferres, Conségudes, Aiglun deviennent françaises. Guillaumes, Daluis, Auvare, Saint-Léger, La Croix, Puget-Rostang, Cuébris, Saint-Antonin et La Penne deviennent sardes. Plusieurs territoires communaux ont en outre été démembrés. C’est la Ferme générale du royaume de France, concessionnaire de la plupart des impôts indirects, qui a voulu cette rectification. Elle assurait perdre beaucoup d’argent sur cette frontière au tracé complètement irrationnel. On a donc placé la limite sur des repères géographiques certains, le « Var-Estéron ». Si vous voulez en savoir davantage reportez vous à l’ouvrage de Luc Thévenon, Frontières du Comté de Nice. A la recherche des bornes perdues. Visitez également l’excellent site de Georges Fabry.
Ce traité de 1760 est donc une date importante, pour le Comté de Nice, pour la Provence… et pour l’Eco Vallée. On aurait pu en commémorer le 250e anniversaire. Au moins dans les communes concernées. A Gattières par exemple. C’est quand même autre chose de devenir français sous Louis XV que sous Napoléon III.
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17 juillet 2010
Des « French Wars » à l’annexion de 1860
Il n’y a pas de raison que mon histoire de l’Eco Vallée échappe à la commémorationnite qui sévit en ce moment. Il y a 150 ans, le traité de Turin du 24 mars 1860 annexait le Comté de Nice à la France. Les deux rives du Var étaient ainsi réunies. C’est un événement. Ce n’était arrivé que deux fois depuis la dédition de Nice à la Savoie en 1388. Sous Louis XIV et sous la Révolution et l’Empire.
Les populations de l’ouest du Comté ont particulièrement été favorables au rattachement. La frontière disparaissait. L’obstacle était de plus en plus difficile à supporter. Côté français, la règlementation douanière s’était considérablement durcie depuis 1814. Côté sarde elle se renforce à partir de 1851 ainsi que l’illustre le sanglant épisode de la sau doù Broc. En outre la frontière était un facteur de sous-développement en matière de voies de communications. Bref la frontière ne faisait l’affaire de personne. Sauf celle des contrebandiers.
Ceci dit, je ne suis pas certain que le vote aurait été aussi massif dix ou vingt ans plus tôt. Le souvenir des guerres de la Révolution et de l’Empire de 1792 à 1815, les « French Wars » comme disent les Anglais, était encore trop vif. Or les Niçois, surtout dans les villages du moyen pays et de la montagne, se sont très fortement engagés dans la résistance contre les Français, d’abord dans les milices puis comme barbets Pour quelques gloires comme Masséna, Tordo ou Bavastro, on compte de l’autre côté des milliers de combattants. Anonymes mais pas sans honneur ni courage. Je raconte, dans le livre que vient de publier l’ASPEAM, l’Association de sauvegarde du patrimoine écrit des Alpes-Maritimes, la saga familiale des Raybaudi de La Roquette Saint-Martin. Si vous pensez que l’histoire est simple vous changerez d’avis.
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13 juillet 2010
Les châteaux forts de la plaine du Var
Les villages perchés font partie du décor de l’Eco Vallée. Bonson, Carros, La Roquette, Le Broc, Gilette, etc. Chacun a son château fort, le plus souvent très remanié ou détruit. J’en compte une dizaine. La plupart surplombent le confluent du Var et de l’Estéron. Ajoutons les châteaux des habitats disparus, comme Aspremont-Villevielle ou Dosfraires. Voilà qui fait beaucoup. Surtout si on considère que ce n’est pas une solution très naturelle. Il n’était par exemple pas dans l’habitude des Romains de s’établir dans des endroits aussi inaccessibles.
Chacun y va de son explication. La plus commune repose sur la crainte des Sarrasins. Les populations se seraient mises à l’abri sur ces hauteurs à chaque poussée d’insécurité… et auraient fini par y rester. C’est peu réaliste. Comment est-il possible que cent ou deux cents personnes, avec leur bétail, aient pu s’installer sur une arrête rocheuse d’une centaine de mètres de long et d’une vingtaine de large ? Sans eau. Le plus souvent loin des meilleures terres. Et pour une durée indéterminée. Cliquez ici si vous voulez avoir la réponse. Vous ne regarderez plus nos villages perchés de la même façon.
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9 juillet 2010
L’Acadèmia Nissarda vient de mettre en ligne les reproductions de l’ouvrage qu’elle a édité en 2005, Voyage pittoresque dans le Comté de Nice et les Alpes-Martimes du XVIIe au XIXe siècle. Gravures et lithographies. Les reproductions sont classées et triées par lieux, sources, supports, artistes, etc. C’est aussi beau que l’ouvrage. Plus beau même lorsqu’on agrandit les vues. Il ne manque que les textes et commentaires qui accompagnent les gravures. Mais les images sont telles que le reste paraît superflu.
Ceci dit, si vous voulez en savoir plus sur le pont de Saint-Laurent, vous trouverez ici ma contribution à cet ouvrage où j’ai commenté les gravures de la zone Var-Estéron. On ne dispose malheureusement pas d’autres gravures représentant la basse vallée du Var. Les lieux étaient trop difficilement accessibles pour attirer les touristes. Et pas de touristes pas de gravures. Pour l’autre passage organisé et règlementé de la basse vallée du Var, - avant la construction des ponts au XIXe siècle-, le bac de Saint-Martin, il faut lire ce que j’ai publié dans Provence historique il y a quelques années. Les Saint-Martinois comprendront pourquoi c’est par pure calomnie qu’on a dit d’eux qu’ils étaient des negaïre et des ladre de grava.